Globelogocameroon
Recherche personnalisée

Accueil Deutsch Sciences Culture Société Photos/Vidéos Faits divers Prénoms Archives
Société
Accueil
Deutsch
Sciences
Culture
Société
Photos/Vidéos
Faits divers
Prénoms
Archives
 Yaoundé I : La mini cité Djomo abandonnée aux locataires

La Src voudrait confier la gestion de deux de ses bâtiments à l'université. Un no man's land ? Toute la concession est pourtant habitée. La Fondation Djomo, comme on le lit sur le sol carrelé du couloir du troisième niveau, au bâtiment A, est un ensemble de quatre immeubles. On y accède soit par le carrefour Cradat à Ngoa-Ekellé, soit quelques 10m avant la pharmacie Ste Bernadette. Quand à savoir comment on procède pour y obtenir une chambre, c'est l'omerta. "Marcel Djomo, de regrettée mémoire, avait contracté un crédit dans une banque de la place. Incapable de rembourser, l'établissement financier ayant été lui aussi mis en liquidation, ses biens ont été saisis", explique un employé de la Société camerounaise de recouvrement (Src) en charge du dossier.

Deux bâtiments de deux étages chacun font partie des lots mis en vente aux enchères par la Src. Mais le dossier traîne. Ainsi, depuis la fin des années 90, les étudiants qui résidaient dans les blocs A et B n'ont plus eu d'interlocuteur auprès de qui verser le loyer. Le concierge est parti. La Src voudrait désormais mettre de l'ordre après plus de 20 ans d'anarchie où "les chambres se transfèrent par des réseaux familiaux et relationnels. Dès qu'un résidant finit ses études ou parvient à se reloger ailleurs, il fait venir un parent pour le remplacer. J'ai par exemple donné 300.000Fcfa à un ami, qui m'a cédé sa chambre quand il est allé occuper sa propre maison", raconte un résident.

 La chambre dont parle cet étudiant est constituée d'une pièce pour un lit de deux places, avec une table de travail et un réduit pour la douche. Les toilettes sont à l'extérieur.Dans le bâtiment B, les chambres disposent de WC avec un compartiment cuisine. Entre les deux, ce qui a longtemps servi de magasin ou de buanderie à l'époque de l'Auberge de Ngoa-Ekellé accueille désormais des locataires.
Le 20 septembre 2009, assis à la véranda, deux occupants jouent au songho en épiloguant sur les résultats du dernier concours de l'Ecole nationale d'administration et de magistrature (Enam), qui restent attendus par l'un d'eux. Un policier, reconnaissable par son uniforme, sort de l'une des chambres. C'est le même que l'on retrouve le lendemain matin accompagné d'autres voisins, dont un enseignant du secondaire. Ils sont regroupés devant le robinet de la cité pour s'approvisionner en eau potable. 10 litres leur sont vendus à 15 Fcfa, et un seau de 15 litres à 20 Fcfa. Les factures d'électricité sont collectives et n'excèdent pas 1 500 Fcfa

Certains résidents vivent mal l'idée d'une reprise en main de cette cité par la Src, qui avait mis en vente deux immeubles du patrimoine : Ces offres ont été déclarées infructueuses. La Src a alors fait appel à l'université de Yaoundé I pour la cogestion des loyers des 115 pièces concernées. "Nous avons creusé et aménagé un puisard pour les eaux usées. Qui va nous rembourser, et à quel prix vont-ils mettre les chambres ? S'ils font venir l'université de Yaoundé I ici, nous espérons que ce ne sont pas les conditions de la cité U qui y seront appliquées, notamment le départ des occupants pendant les vacances universitaires", s'énerve un locataire de la mini-cité Djomo. Entre l'ambition de récupérer cette centaine de chambres et la volonté des occupants de conserver des privilèges acquis par la force des choses, l'administration universitaire doit arbitrer.
 

Ahmed Messi    

Septembre 2009 ©Mutation




Impressum