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Stupéfiants: Les jeunes, otages de la drogue à Maroua

Assis dans le lit de la rivière Mayo, motos jaunes garées tout à côté au pied d’un arbre, la tête baissée, une dizaine de jeunes semblent dans une séance de recueillement. Pourtant à cette heure de la matinée (9 heures), ce sont visiblement de consommateurs d’une drogue locale appelée « Banga », très prisée par les motos taximen et surtout par les petits agresseurs et autres enfants de la rue. Ces scènes de consommation de stupéfiants sont courantes dans les lits de mayo, buissons et autres montagnes qui servent de temple aux consommateurs. Ces stupéfiants et excitants se déclinent en plusieurs noms : le Banga, le D10, le Diazapan, l’Exol 5 et 4, le Prometazyl, Homme fort… Mais les plus consommés restent le Tramol et le Diazapan. Des comprimés donneraient du tonus. « Ça détend et chasse tout ce qui est stress, fatigue, frousse. Bref, ces comprimés vous dégagent« , justifie un consommateur. Pour un autre, « lorsque vous le prenez, c’est plus discret et ça ne dégage pas d’odeur comme la bière ou le bil-bil« .

Ces comprimés destinés aux chevaux, sont très prisés par les jeunes. Une étude menée par une organisation non gouvernementale a révélé que la tranche d’âge la plus touchée par ce phénomène oscille entre 14 et 27 ans. Ils se recrutent essentiellement parmi les motos taximen, les élèves, les chauffeurs, les mécaniciens, les pousseurs, les porteurs et les enfants de la rue. Loin d’être un produit autorisé pour la médication humaine, sa consommation incontrôlée débouche inévitablement sur des excès. Ils plongent dans une ivresse indescriptible. De sources bien indiquées affirment que de vendeuses de Bil-bil et autres boissons locales les utilisent pour une fermentation rapide et efficace de leur breuvage. Ces boissons qui enivrent vite et plus sont appelées par les jeunes « Haute tension » ou encore « le Kass« . Les points de ravitaillement de ces produits d’origine nigériane sont les petits marchés périodiques, les vendeurs ambulants. A 100 francs Cfa la plaquette de 10 comprimés de 50 milligrammes et 150 francs Cfa celle de 100 milligrammes, ils s’arrachent comme de petits pains.

Les conséquences de la consommation de ces stupéfiants sont incalculables. La plupart des motos taximen victimes d’accidents de la circulation se droguent au Tramol. « Plusieurs filles violées et qui viennent se plaindre ont été droguées aux stupéfiants. C’est monnaie courante chez nous. Le phénomène est vraiment alarmant », témoigne un enquêteur dans un commissariat d’arrondissement de Maroua. Plusieurs jeunes devenus dépendants à l’égard de ces produits sont devenus des malades mentaux. D’autres subissent encore le traumatisme. Les agressions nocturnes sont l’œuvre de jeunes et autres enfants de la rue adeptes de ces stupéfiants qui se vendent à la barbe des autorités médicales. Lesquelles sont toujours restées impuissantes devant la vente des médicaments de la rue.

 
Jacques Kaldaoussa
October 2009 ©Lemessager