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 Patrimoine : Le monument de la Réunification fait peau neuve

 Le site historique sera au centre de la célébration du cinquantenaire de l'indépendance du Cameroun.
ReunificationEn cette matinée du 15 septembre 2009, une odeur agréable d'herbes fraîchement tondues exhale l'environnement du monument de la Réunification. Un peu plus loin, des rayons de soleil viennent donner un éclat particulier au gazon d'un vert pur et aux fleurs multicolores soigneusement entretenus par des agents de la Communauté urbaine de Yaoundé. Pour le visiteur du monument de la Réunification érigé à Ngoa-Ekelle par Engelbert Mveng et Gédéon Mpando, les bancs verts de jardins installés invitent à la méditation…
Un coup d'œil sur la statue élaborée par le plasticien Gédéon Mpando représentant un vieillard portant cinq enfants et tenant en sa main droite un flambeau statue (le vieillard éclaire l'avenir des jeunes qui sont dans son dos, sans que ceux ci n'oublient le passé), permet de voir que celle-ci a été astiquée à fond. Tout en bas, la signature du sculpteur quoiqu'éraflée est visible. Elle est donc bien loin, l'époque où un des symboles de Yaoundé, ployait sous les hautes herbes et la statue était couverte de poussière et de moisissure. Le lieu était craint de tous.
 Et l'on n'est pas au bout de ses surprises. Alors que l'on fait le tour du propriétaire sous le regard bienveillant d'un jeune homme affecté à l'entretien de l'espace vert, une rencontre choc se produit. Croquis dans une main et crayon dans l'autre, le sieur Eya'a, faiseur d'Abbia qui se présente comme celui qui a conçu les fresques exposées dans la grande salle installée au sous-sol du monument semble bien loin dans ses pensées. Etonné, il regarde le visiteur qui s'avance vers lui. Il donne l'impression de cogiter sur les prochaines représentations qu'il laissera en ces lieux. "Là, nous sommes en pleins travaux et vous ne pourrez rien voir de particulier. Il n'y a pas d'électricité et ce n'est pas encore ce que ça devrait être", lance-t-il en cédant le passage.

Atmosphère
Et de fait, même si l'on constate que sur les dalles de l'entrée de ce monument qui symbolise la réunification, en mai 1972, des deux Cameroun francophone (dont l'indépendance est acquise le 1er janvier 1960) et anglophone (qui aura la sienne une année plus tard, en 1961), le ménage a été fait, la salle ne paie pas de mine. Sur les poutres qui ont certainement été plus éclatantes en leur temps, des vandales ont marqué leur passage en inscrivant leurs noms à l'encre noire. L'atmosphère y est oppressante et rappelle à suffisance au visiteur qu'il y a quelques années encore, le lieu servait de repaire aux bandits et autres vandales. Seules les œuvres installées depuis belle lurette et représentant, pour la plupart, des scènes de la vie quotidienne donnent un peu de gaieté à l'endroit.

Croquis
Et le guide du jour d'expliquer: "Vous voyez bien que rien ne peut être organisé ici puisque dans la grande salle du sous-sol, il n'y a ni chaises, ni bancs et avec les problèmes d'électricité qui perdurent, rien ne peut se faire ici la nuit". Propos que viendra confirmer quelques instants plus tard M. Eya'a, toujours son croquis à bout de bras : "pour le moment, le site n'est pas encore ouvert au public. Il y a encore beaucoup de travaux à effectuer car, ce monument aura une place importante lors de la célébration du cinquantenaire de l'indépendance du Cameroun qui se célèbrera l'année prochaine vu que c'est lui qui symbolise l'unité du pays".

En attendant ce rendez-vous pris avec le public, c'est de loin que l'on pourra observer la métamorphose que subit le monument le plus célèbre du pays. Le chantier étant interdit au public. "Peut-être c'est la verdeur des jardins qui attire l'attention pour le moment mais il ne faut pas oublier que c'est depuis près de trois ans que les travaux ont été lancés. Il y avait beaucoup à faire à la base et c'est peut-être pour cette raison que les gens ne s'intéressaient pas encore vraiment à ce qui s'y faisait", lance néanmoins un nostalgique de feu le Pr. Jean Baptiste Obama qui avait fait du monument de la Réunification sa raison de vivre.

 

Dorine Ekwè    

Septembre 2009 ©Mutation




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