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Motos taxis : L'alerte qui pousse à la discipline                                                                                                                                                                                                                                                       Formations et acquisition des accessoires mobilisent les conducteurs à la veille de la répression.

Le 30 juin prochain est date butoir de mise en application du décret du Premier ministre
 benskinsigné le 31 décembre 2008, fixant et aménageant les conditions et modalités d'exploitation des motocycles à titre onéreux dans les zones péri urbaines et rurales. Texte inspiré par l'insécurité autour de l'activité depuis son expansion au Cameroun. "Il ne se passait plus un jour à Yaoundé sans qu'on ne parle d'un accident mortel de motos taxis. C'était devenu une jungle", se révolte Alphonse Achille Atanga, chef du service financier de la commune d'arrondissement de Yaoundé VI, responsable de ce volet dans sa municipalité.   

Le tableau n'est pas aussi rouge de sang lorsqu'il le peint. Car, la peur persiste dans la ville de Yaoundé et dans plusieurs autres villes du Cameroun à l'instar de Bertoua, Ngaoundéré ou Garoua qui ont comme seul moyen de locomotion les motos taxis. Des jeunes conducteurs, presque inconscients, vont dans tous les sens et à une vitesse élevée sur les axes principaux, brûlant les feux à tout vent, quand ils ne prennent pas le risque de doubler des véhicules en faisant des cascades, transportant sur leur unique scelle disponible deux ou trois personnes. Parfois six, ainsi que des bagages. Ce, sans aucune protection : casque, gant, masque pour les zones poussiéreuses comme au quartier Nkolmesseng, au carrefour du Lycée bilingue d'Essos, à Nkolbisson ou à l'intérieur des différents quartiers qui ne sont pas toujours accessibles aux taxis ordinaires.

Et le conflit avec les " voitures jaunes " reste ouvert. " On leur a recommandé de travailler dans les zones périphériques et ils viennent évoluer dans notre secteur ", se plaint Ndjassou, un taximan de la ville de Yaoundé, qui reconnaît avoir déjà cogné une moto. Sans gravité. " C'était un accident. Mais, je plaints le sort de ces personnes qui prennent la moto en pleine ville avec tous ces risques ", professe-t-il. " Nous subissons les tracasseries policières, municipales et les intimidations des taximen ", se plaint-il. Même s'il reconnaît, comme le chef service financier de la commune d'arrondissement de Yaoundé VI que les motos taxis restent indisciplinés. Yaoundé VI qui a déjà enregistré, dans le cadre de l'acquisition des chasubles d'identification, 720 conducteurs.

Statistiques  
" Lors de nos réunions, nous avons déjà pu répertorier plus de 500 conducteurs pour l'arrondissement de Yaoundé VII [Ndlr : pendant que l'on parle de quelque 5.000 motos taxis dans la ville de Yaoundé] ", indique Luc Minkeng II, secrétaire général d'une association des motos taxis qui rassemble les quartiers d'Oyom-Abang, Nkolbisson, Etetak. Là-bas, la majorité des motos taxis n'ont pas de permis de conduire.
L'activité de conducteur de motocycles à but commercial est devenue un phénomène social au Cameroun depuis l'entrée massive de ces engins à deux roues en provenance d'Asie. "Il suffisait d'acheter une moto et de se mettre en route ", constate Alphonse Achille Atanga. Outre l'indiscipline manifeste sur leurs guidons, les conducteurs sont loin de respecter les textes du premier ministre du 31 décembre 2008. Notamment en ce qui concerne les accessoires de travail : chasubles d'identification, casques de protection pour eux et pour le passager, masques, etc.

Ils sont, pour la plupart, chaussés de sandalettes. Dans les municipalités, l'on estime que le travail de répression, en ce qui concerne le respect de ces textes, relève de l'administration. Excepté le fait qu'ils ne respectent pas encore les " têtes de lignes " à eux réservés pour pouvoir ramasser leurs clients, " nos relations sont satisfaisantes", témoigne Alphonse Achille Atanga, chef du service financier de la commune d'arrondissement de Yaoundé VI. Puisque, pour accéder aux chasubles bleues de cette municipalité, il faut payer les taxes communales. Et 720 conducteurs l'ont déjà fait. Or, la détention d'un permis de conduire est obligatoire dès le 30 juin prochain pour les quelque 22.000 motos taxis du Cameroun. C'est dans ce cadre que des formations qui préparent à l'obtention de ce sésame se multiplient depuis le mois dernier dans plusieurs villes du Cameroun. " Il s'agit de leur enseigner les règles de leur métier et de permettre à quelque 30.000 conducteurs d'obtenir leur permis de catégorie A d'ici 2011 ", confie Samuel Frank Mvondo Mvondo, le promoteur du projet Motos, qui préfinance la formation des opérateurs de ce secteur.

Car, les statistiques continuent d'inquiéter. "Depuis le début de l'année, nous avons enregistré sept cas d'accidents graves de la circulation", se plaint Luc Minkeng II, secrétaire général d'une association des motos taxis de l'arrondissement de Yaoundé VII. Il les attribue aux nouveaux conducteurs, souvent très jeunes, "qui ne se sont pas encore adapté au milieu ". Mais, court après la prime. " Il n'est pas facile de réaliser une recette de 3.000 Fcfa par jour et on les comprend ", observe-t-il. Dans le même arrondissement, précisément au quartier Etetak, lieu dit Yoyo bar, un enseignant, conducteur à ses heures perdues, a voulu obtenir un permis de conduire après avoir payé le montant exigé pour la formation et l'acquisition des accessoires. " Il ne s'agit pas de tout payer pour obtenir un permis de conduire. Il faut suivre la formation qui ne dure que cinq jours. On ne vend pas les permis ici ", a indiqué M. Mvondo, dont la structure a déjà financé l'obtention des permis à 9% des 22.000 qui exercent en ce moment au Cameroun.

Justin Blaise Akono

Juin 2009 ©Mutation




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