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Changements climatiques : La pluviométrie : un signe du temps

Les pluies qui s’abattent depuis le début de l’année dans la capitale économique sont un signe prémonitoire qui augure des changements climatiques.

Le directeur de la météorologie M. Saah, lors d’une conférence sur l’arbre à Douala en juin 2008 indiquait déjà qu’ “à l’échelle nationale, nous ressentons déjà des signes prémonitoires ; la pluviométrie, la baisse sensible du lac Tchad, l’extension vers le Sud des régions arides...” parlant ainsi du réchauffement climatique.

Nombre de personnes à Douala savent qu’il serait imprudent de sortir sans son parapluie. “ J’ai toujours mon parapluie pliable dans mon sac à main. Car on ne sait jamais où la pluie peut vous surprendre, tantôt quand on sort le matin, il fait beau temps et vers 15 h il se met à pleuvoir… ” Ces propos d’une dame relatent ce que vivent les populations de Douala qui ne savent plus à quelle saison se vouer.

Le phénomène est si important et embêtant que le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala l’a souligné dans son discours de bienvenue à l’endroit du ministre de l’Environnement, Pierre Hélé, venu lancer la 37e journée mondiale de l’environnement lundi dernier. Le Dr Fritz Ntonè Ntonè a indiqué que “(…) la canicule alterne avec les orages, ce qui fait que nous ne savons plus dans quelle saison nous sommes. Les climatologues pourraient redéfinir le climat pour ce qui est de notre ville”.

Vulnérabilité

Malgré ces cris d’alarme, la météorologie camerounaise semble ne pas aller dans le même sens. Ainsi peut-on lire sur le babillard à la direction de la météo à Bonanjo que les Nuage prévisions de la saison juillet août septembre par exemple, signalent “ dans la zone côtière une situation pluviométrique humide à tendance normale”. Sur l’ensemble du territoire, la zone du sahel affiche une situation pluviométrique normale à tendance sèche ; même scénario  dans la  zone du plateau. Dans la zone de montagne l’on prévoit une situation pluviométrique normale. Bien plus Gervais Didier Yontchang le chef de service des prévisions soutient que pour confirmer qu’il y a changement climatique, il faut des études étalées sur une période de trente ans. Mieux encore, il faut qu’il y ait une corrélation avec les autres éléments du climat. Selon lui, il peut avoir des fluctuations et des variabilités du climat sans que celles-ci entraînent forcément des changements climatiques dus aux phénomènes naturels. Il reconnaît néanmoins qu’avec la pression de l’activité humaine, le mal va augmentant et l’on observe le désordre dans la pluviométrie notamment. “De 1975 à 2005 l’on a observé un décalage de la moyenne minimale de la pluviométrie ”.

 Au ministère de l’Environnement, un document concocté par la direction de la conservation et de la promotion des ressources naturelles, se prononce sur la position du Cameroun quant aux changements climatiques et l’impact de ces changements dans notre pays. “ Les impacts du réchauffement climatique actuel sont perceptibles dans tous les secteurs socio-économiques … Tels l’agriculture l’élevage, l’énergie la santé, l’industrie, la biodiversité, les ressources naturelles ”, peut-on lire. Quant à la vulnérabilité du Cameroun aux changements climatiques, les zones les plus exposés sont les zones côtières et sahéliennes ; où l’élevage, l’agriculture, les mangroves, les côtes la biodiversité vont subir les impacts les plus négatifs.

En matière de lutte contre le phénomène, le Cameroun met l’accent cependant sur l’institution, avec la ratification des conventions internationales à l’instar du protocole de Kyoto, ou encore la mise sur pied de la loi de 96 et son décret d’application datant de 2005 dont les corollaires est le Plan national de gestion de l’environnement. “ Plusieurs autres éléments de stratégies à grand impact sur la réduction des gaz à effet de serre sont, pour les unes en cours de mise en œuvre et pour les autres en cours d’étude ” précise le document.

 

       A quand la création d’un observatoire national ?

Commentaire

 
L’Observatoire national se propose d’organiser le transfert des connaissances sur le changement climatique depuis les scientifiques jusqu’aux décideurs qui ont les moyens d’agir, voire l’ensemble de la société civile qui peut agir elle aussi à son niveau. A ce titre, l’observatoire des changements climatiques tire la sonnette d’alarme sur certains disfonctionnements du climat et permet de rechercher les causes, d’en trouver les solutions et sensibiliser les hommes et les femmes sur certains comportements. Constat, les conséquences qu’entraînent les changements climatiques ne semblent pas être de nature, malgré leur gravité, à motiver un changement de comportement des politiques notamment. L’exploitation forestière continue avec une intensité inquiétante, la désertification est de plus en plus importante tout comme la progression des terres arides. Pour ce qui concerne le Cameroun, une lueur d’espoir est venue du haut de la tribune des Nations Unies  en septembre 2007.

A l’occasion, le président Paul Biya a insisté sur la nécessité de combattre les changements climatiques. Bien plus, il a souligné que les effets des changements climatiques sur la santé humaine, la biodiversité et les ressources en eau…sont déjà perceptibles sur le plan mondial ;  l’Afrique, en raison de sa fragilité est une zone vulnérable. On n’en veut pour preuve le dessèchement du Lac Tchad qui s’aggrave au fil du temps, la désertification progressive, l’insuffisance des pluies qui mettent en péril l’autosuffisance alimentaire des pays comme le Cameroun.

Il relevait par la même occasion que “la température moyenne annuelle s’accroît constamment, cependant que la pluviométrie moyenne annuelle connaît une baisse ”. Comme solution, il a ordonné la reprise de la campagne de reboisement du nord du pays, plus connue sous l’appellation ‘l’Opération Sahel vert’. Il avait surtout annoncé qu’un “observatoire des changements climatiques verra bientôt le jour au Cameroun”. Le président a par ailleurs lancé un appel en faveur des forêts du Congo et a appelé à l’aide publique au développement pour résoudre les problèmes du transfert des technologies.

Deux années se sont écoulées sans que les grands changements annoncés en la matière aient lieu. De nombreuses initiatives ont été prises pour lutter contre les effets des changements climatiques ; cependant, jusqu’à ce jour, rien n’est encore effectif. Au moment où l’on attend aux réalisations concrètes, le président de la République n’a fait que le rappel de bonnes intentions qu’il a eues “quelques semaines plus tard, j’ai pris part au sommet de la Francophonie à Québec au cours duquel les grands problèmes de l’heure ont été examinés. J’y ai suivi les travaux de la table ronde sur l’environnement, sujet que j’avais évoqué précédemment à New York à propos du changement climatique, en soulignant l’urgence des solutions pour le continent africain ”. En attendant l’Observatoire des changements climatiques au Cameroun, les effets du réchauffement climatique se font ressentir surtout dans le domaine de l’agriculture. Dans les campagnes camerounaises, les agriculteurs assistent impuissants à la baisse des récoltes, liée au désordre observé en pluviométrie.

 Florine Nseumi Léa.  
Juin 2009 ©La nouvelle expression




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